Depuis 2017, le télétravail a connu une croissance remarquable dans les entreprises françaises, passant de 7 % à 41 % en seulement cinq ans. Si, au niveau mondial, la France se trouve en queue de peloton en matière de télétravail, elle se distingue positivement au sein de l’Union Européenne.
Aujourd’hui, la fréquence hebdomadaire moyenne du télétravail atteint 2,7 jours. Selon une étude récente de l’institut Montaigne, les employés expriment un niveau de satisfaction optimal lorsque le télétravail est pratiqué entre 2 à 3 jours par semaine.
Toutefois, il est important de noter que tous les travailleurs ne peuvent pas facilement opter pour le télétravail. Bien que 48 % des postes puissent être exercés à distance, il existe de fortes disparités entre professions et secteurs d’activité.
Cette forte progression du télétravail suscite des débats et engendre des résistances.
Le télétravail offre indéniablement des avantages en termes d’organisation, d’autonomie, de qualité de vie, de performance et de bien-être au travail. Cependant, il est désormais impératif pour les départements de gestion des ressources humaines d’envisager cette modalité de travail pour une majorité de salariés.
Le télétravail s’est intégré au dialogue social et fait partie intégrante des stratégies de fidélisation et de recrutement. Nous pouvons présager qu’en 2025, le travail hybride, comprenant deux jours de télétravail par semaine, devienne la norme.
Cependant, une enquête menée par le Forum mondial de l’OCDE sur la productivité révèle des sentiments partagés.
D’après cette enquête, 6 dirigeants sur 10 estiment que la productivité de leurs employés a augmenté grâce au télétravail, en raison de la concentration accrue et de la réduction des erreurs à domicile. De plus, 57 % des dirigeants estiment que les salariés travaillent davantage en raison de l’économie de temps liée aux déplacements domicile-travail.
Cependant, ces aspects positifs ne dissipent pas toutes les craintes. Plus de 75 % des dirigeants craignent que le télétravail excessif nuise à la collaboration entre les membres de l’équipe, ce qui pourrait à long terme entraver la productivité. De plus, 73 % estiment que la culture d’entreprise et l’identification des salariés à l’entreprise pourraient être compromises si ces derniers ne venaient plus au bureau.
Des inquiétudes similaires sont exprimées en ce qui concerne l’innovation, avec plus de 60 % des dirigeants pensant que le télétravail nuit à la créativité.
Enfin, l’enquête souligne que la productivité atteint son apogée entre un et deux jours de télétravail par semaine, diminuant au-delà de cette fréquence.
Si le télétravail améliore la qualité de vie au travail et l’autonomie, il pose la question du contrôle des missions par les managers.
L’hybridation du travail entraîne un changement dans le cadre spatio-temporel, rendant le contrôle direct du comportement des collaborateurs plus complexe. Pour pallier cela, le contrôle par le comportement tend à être compensé par une augmentation du contrôle par les résultats, avec des objectifs concertés, des reportings et la surveillance des livrables.
Enfin, il est important de noter que ce sont dans les entreprises les plus innovantes en matière de pratique managériale que le télétravail est le plus répandu et que la productivité est la meilleure. En résumé, la qualité de management semble être un facteur essentiel davantage que le télétravail en tant que tel.
Pour éviter les abus et prévenir les situations de harcèlement, voici quelques conseils pratiques concernant la mise en œuvre du télétravail :
- Formalisez le télétravail et assurez l’application du droit à la déconnexion grâce à une charte ou un accord.
- Impliquez les représentants du personnel pour favoriser le dialogue social.
- Renforcez la formation des managers et sensibilisez-les aux risques de harcèlement liés à des sollicitations excessives.
- Formalisez les bonnes pratiques en rédigeant des guides.
En mettant en pratique ces recommandations, les entreprises peuvent tirer parti des avantages du télétravail tout en atténuant leurs risques potentiels.